La Commission des Jeux de Hasard belge (CJH) a confirmé, le 31 octobre 2025, avoir franchi le seuil des 10 000 exclusions volontaires réalisées via itsme, l’application d’identification numérique déployée quatre ans plus tôt. Ce pallier, inédit à ce stade de l’année, illustre l’essor d’un outil devenu central dans la prévention du jeu excessif. Selon la CJH, environ 1 000 demandes sont enregistrées chaque mois depuis janvier 2025, un rythme stable et élevé qui témoigne d’une prise de conscience durable chez les joueurs comme dans leur entourage.
Un record officialisé fin octobre et un rythme soutenu toute l’année
En Belgique, l’option d’auto-exclusion par itsme, lancée fin 2021, a largement fluidifié les démarches : quelques minutes suffisent pour déposer une demande, sans rendez-vous ni courrier recommandé. Signe que la prévention progresse, l’annonce intervient alors que l’offre légale en ligne (paris sportifs, poker en ligne, casinos virtuels, etc.) continue de gagner en visibilité, au même titre que les campagnes d’information sur les risques de dépendance.
Pour l’autorité de régulation belge, ce cumul d’efforts produit un effet tangible : davantage de personnes choisissent de faire une pause ou de couper court à leur session de jeu lorsque celle-ci devient envahissante. C’est un message fort qui est envoyé à l’ensemble des Belges dont la pratique des jeux de hasard est devenue, ou tend à devenir, problématique.
Comment fonctionne concrètement l’auto-exclusion via itsme ?
Concrètement, l’auto-exclusion s’effectue en s’authentifiant avec itsme puis en déposant sa demande sur le portail officiel de la CJH. La mesure, immédiate, s’applique à l’ensemble des sites agréés en Belgique : opérateurs de paris et de jeux de hasard ne peuvent plus autoriser l’accès aux comptes concernés. Le joueur peut opter pour une durée temporaire (pause encadrée) ou une exclusion permanente. Dans tous les cas, la démarche est confidentielle, gratuite et vise à réduire l’exposition aux pertes et aux comportements compulsifs.
Il convient de souligner que derrière ce dispositif simplifié se joue un enjeu de santé publique. En effet, l’auto-exclusion offre un temps de recul : elle bloque les sollicitations, brise la dynamique d’impulsivité et facilite, si nécessaire, l’orientation vers des professionnels de l’accompagnement (associations, services spécialisés, psychothérapeutes, etc.). Elle profite aussi aux proches, souvent en première ligne pour encourager le passage à l’acte lorsque la situation se dégrade. Pour les opérateurs, la règle est claire : contrôler systématiquement le statut des joueurs et faire respecter l’interdiction d’accès.
Le franchissement des 10 000 auto-exclusions par itsme confirme ainsi un mouvement de fond : la prévention n’est plus un tabou et l’outil numérique est devenu un levier efficace pour protéger les publics à risque. Reste à maintenir l’effort d’information, en particulier auprès des plus jeunes et des parieurs réguliers, afin que la solution soit connue avant la crise.
Dernière édition: 06/11/2025





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