Le tribunal de première instance de Liège a condamné l'exploitant du Casino de Namur à payer trois paris sportifs qu'il avait annulés après coup, soit 9 250 € de gains. Le casino a fait appel, donc l'histoire n'est pas terminée, mais elle montre déjà comment un joueur belge peut se défendre quand on lui annule un pari gagnant.
Une cote à 4,70 sur un Grand Prix sans histoire
Le mardi 1er avril 2025, un parieur du Brabant wallon passe au Grand Casino de Namur, le Circus Casino Resort. Sur une borne de paris sportifs, il tombe sur un pari lié au Grand Prix de Formule 1 du Japon : la course sera-t-elle interrompue par un drapeau rouge ? Le « non » est coté 4,70, alors que cette cote tourne d'habitude sous 2,00.
Il mise trois fois sur le « non », 900 €, encore 900 € puis 700 €, pour un total de 2 500 €. Le dimanche 6 avril, Max Verstappen gagne à Suzuka sans que la course soit arrêtée une seule fois, ce qui porte la valeur de ses tickets à 11 750 €, en comprenant les mises.
Le mardi suivant, les tickets affichent « pari annulé »
De retour en caisse, il découvre que ses trois tickets indiquent « pari annulé » au lieu de « gagnant ». On lui rend ses 2 500 € de mise mais refuse de payer les gains. Le service clientèle de Circus le renvoie à l'article 3.8 des conditions générales, qui autorise l'opérateur à annuler un pari « en cas d'erreur manifeste de cote ».
Le parieur se tourne alors vers la Commission des jeux de hasard, qui y voit un « différend commercial » sans infraction à la loi sur les jeux de hasard, donc il finit par citer Gambling Management SA, la société qui exploite le casino, devant le tribunal civil.
Le tribunal de Liège lui donne raison
Le 19 août dernier, le tribunal de première instance de Liège a jugé que Gambling Management SA ne pouvait pas annuler ces trois paris. Le juge relève que l'annulation a été faite sans prévenir le joueur et après la validation de ses tickets, alors que la borne ne présentait aucun bug informatique.
Le casino est condamné à verser les gains nets de 9 250 €, autrement dit les 11 750 € moins la mise déjà rendue, majorés des intérêts de retard. S'y ajoutent environ 1 200 € de frais de citation et d'indemnité de procédure.
Attention, le casino n'était pas là pour se défendre
Le jugement a été rendu par défaut : Gambling Management SA ne s'est pas présentée à l'audience alors qu'elle avait été valablement convoquée. Le juge a donc statué sans entendre ses arguments sur la clause 3.8.
Le parieur demandait aussi que cette clause soit déclarée abusive au sens du Code de droit économique, donc nulle. On ne sait pas si le tribunal s'est prononcé sur ce point.
Le casino a fait appel en faisant savoir qu'il réservait ses arguments à la cour d'appel de Liège. Le vrai débat sur l'« erreur manifeste de cote » se jouera donc là-bas, le jugement de première instance n'étant pas définitif tant que la cour n'a pas statué.
Si un casino annule votre pari, la Commission ne pourra rien pour vous
Pour que ce soit clair, tant qu'aucune règle de la loi sur les jeux n'est enfreinte, la Commission des jeux de hasard considère l'annulation d'un pari comme un litige commercial entre vous et l'opérateur, donc le recours passe par le juge civil. En pratique, gardez vos tickets même annulés, puisqu'ils prouvent votre mise et la cote affichée au moment où vous avez joué, puis demandez par écrit le motif de l'annulation avec l'article des conditions générales invoqué.
Quand une cote vous paraît deux fois trop généreuse, il est conseillé de lire la clause sur les erreurs de cote avant de miser, parce que l'opérateur s'appuiera dessus en cas de contestation. Si le pari saute malgré tout, ce parieur a montré qu'un ticket validé par la borne peut peser lourd devant un juge, en tout cas en première instance.
Dernière édition: 15/10/2026




Soyez le premier à poster un commentaire !